Travail en demi-groupe

Lors de mes deux dernières années d'études, j'ai pu mettre en place le travail en demi-groupe dans deux stages différents. C'est une approche pédagogique qui possède plusieurs avantages et qui permet de rendre les activités encore plus riches et adaptées aux élèves.  


Explication du principe

Le travail en demi-groupe consiste à couper le groupe-classe en deux afin de mener une activité avec la moitié d'un groupe et de laisser l'autre partie en autonomie. 

Pour le demi-groupe avec lequel on travaille, il est possible de voir une nouvelle matière, s'exercer, faire des activités en deux petits groupes, travailler une compétence particulière, mener une évaluation formative et bien d'autres choses encore. 

Pour l'autre groupe, j'ai eu l'habitude de les faire travailler en plan de travail, en travail de groupe, en séance d'exercices, en "révision", en ateliers, etc.

Le travail en demi-groupe a pour avantage de mener deux fois de suite la même activité. Cela permet d'apporter de potentiels ajustements directement et d'en tester l'efficacité afin de le noter ou non dans notre préparation pour l'avenir. 

Un autre avantage est la possibilité de différencier davantage en créant des groupes homogènes sur la base de pré tests réalisés la veille ou le matin de l'activité. L'activité étant ainsi adaptée au "niveau" des élèves. 

Stage en P6

Lors de mon stage en P6, la titulaire de la classe, ma maitre de stage avait pour habitude de travailler en demi-groupe avec ses élèves. C'est à ce moment-là, en bac 2, que j'ai testé cette pratique pour la première fois, pendant deux semaines. 

Il a fallu, pour chaque activité menée, penser aux groupes de travail. Lors de ce stage, ma maitre de stage m'a apporté son aide et ses indications pour chaque activité en fonction des forces et des faiblesses des élèves. 

Ensuite, il a fallu mettre en place un plan de travail sur deux semaines assez conséquent pour occuper les autres élèves. La difficulté est de créer un plan de travail avec des consignes claires pour qu'ils puissent réaliser les tâches en parfaite autonomie sans avoir besoin de "m'interrompre" pendant que je m'occupais de l'autre groupe. 

Ce travail en demi-groupe m'a permis de suivre les élèves plus individuellement lors de la découverte de grosses matières comme l'addition de fractions, les solides, le pluriel des noms composés, etc.
Au niveau de la gestion du bruit et le fait de capter l'attention de tout le monde, cette manière de fonctionner était un avantage. Avoir les yeux posés sur tout le monde permet de raccrocher ceux qui pouvaient d'égarer en chemin et de répondre également plus facilement aux diverses questions.

Pour travailler en demi-groupe, il faut une disposition de classe particulière. Il faut un U en face du tableau qui représente l'emplacement des élèves avec qui je travaille et à l'arrière, des bancs en îlots ou des tables rondes afin de favoriser le travail en duo (si besoin dans le plan de travail). 

Voici des photos du plan de travail et de la disposition de la classe (partie en U) lors de ce stage. 


Stage en P4

Lors de mon stage contrat, en bac 3, j'ai instauré le travail en demi-groupe très naturellement. Tout d'abord, j'avais prévu de travailler en plan de travail. Lorsque ce fut créé, j'ai directement pris la décision de scinder le groupe en deux lors des apprentissages. 

Ce moyen de fonctionner a directement plu aux enfants qui demandaient, après chaque récréation si nous allions travailler en demi-groupe. Ils étaient, le plus souvent, en plan de travail pendant que je menais une activité avec l'autre groupe. 

Cela m'a permis d'avoir un climat de classe plus calme et de donner la chance à tous les enfants de comprendre en différenciant davantage pour ceux qui en avaient besoin. 

Vu que c'était la première fois qu'ils travaillaient de la sorte, j'ai dû, au fil des jours, apporter quelques ajustements : 

  • Tout d'abord, lorsqu'ils travaillaient sur leur plan de travail pendant que je menais une activité avec l'autre groupe, les enfants du groupe en autonomie devaient impérativement travailler seuls sur leur plan de travail. En effet, au départ, j'autorisais le travail en duo pendant ces périodes mais certains parlaient et s'égaraient à cause du manque d'encadrement dû à mon implication avec l'autre groupe. Le fait, qu'il y ait des personnes qui parlent à l'arrière (même si c'était dans le cadre du travail) perturbait certains élèves qui essayaient de se concentrer sur mes explications ou sur le travail qui leur était demandé. 
  • Ensuite, j'ai créé différents groupes au fil des activités. A force de mettre certains enfants ensemble, j'ai pu déterminer des bases de groupes homogènes ou hétérogènes. J'ai également parfois évité de mettre des élèves ensemble dans les groupes car ils ne travaillaient pas énormément lorsqu'ils étaient en autonomie et perturbaient quelques fois les autres élèves. Au contraire, cela m'arrivait de mettre certains élèves ensemble car ils étaient bénéfiques les uns pour les autres. 
  • Un dernier ajustement a été au niveau de la fréquence du travail en demi-groupe. Autant, en 6e primaire, c'était quelque chose que je pratiquais à chaque apprentissage, autant, ici, il a fallu diminuer la fréquence. En effet, ma maitre de stage a eu beaucoup de mal à adhérer au concept. Elle ne voyait pas un intérêt particulier à cette manière de fonctionner qui pour moi, avait déjà fait ses preuves. C'est pour ces raisons que, sur la base de ses remarques, j'ai diminué le nombre d'activité en demi-groupe par semaine en y intégrant des séances de découvertes en grand groupe qui pour moi, étaient assez compliquées à gérer ; que ce soit au niveau de temps, de la concentration des enfants ou encore du niveau sonore. 

Voici un exemple de plan de travail d'une seule semaine ainsi que la disposition (en U) de la classe (pas très détaillée). 


Les limites

Malgré le fait que je sois convaincue par l'efficacité de cet enseignement, j'ai tout de même pu rencontrer quelques limites à ce système. Notamment par rapport à l'année de la mise en place. 

Lors des stages, il est parfois inenvisageable d'instaurer l'apprentissage en demi-groupe à cause du manque de temps. Je pense aux stages réalisés en P1 ainsi que dans le spécialisé. Le demi-groupe demande un niveau d'autonomie assez élevé et l'autonomie ne s'acquiert pas en seulement deux ou trois semaines. C'est pour cela que dans ces deux stages, je me suis "contentée" de faire des plages d'autonomie en atelier ou les enfants se mettaient en groupe afin de réaliser l'activité présente sur la table. J'ai procédé de la même manière dans le spécialisé où le plan de travail, par exemple aurait été trop compliqué à mettre en place dû à leurs troubles d'apprentissage et les problèmes de concentrations que beaucoup rencontrent. 

Cette manière d'enseigner n'est pas non plus la seule et unique à posséder des points positifs. Les ateliers sont plus simples à mettre en place en grand groupe, par exemple. Les classes inversées, les présentations proposées par les élèves, les sorties sur le terrain, l'apprentissage par le corps sont des techniques également très bénéfiques pour favoriser l'apprentissage des enfants. 


Apports pour l'avenir

Cette manière de faire sera préconisée dans mes futures classes et mise en place peu importe les niveaux. En effet, avoir la classe plus que quelques semaines comme vécu pendant les stages me permettra de développer petit à petit l'autonomie des élèves afin de les préparer au mieux à l'inclusion des demi-groupes et du plan de travail. 

Les ajustements réalisés lors de mes différentes expériences seront à prendre en compte dans les années futures et sont une aide précieuse. En effet, les "erreurs" commises lors de mes stages m'ont permis de rebondir et de me former davantage me donnant la capacité de m'adapter au mieux à ce qui m'attend dès ma première classe.

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